Inscriptions
en ligne

Exclusivement pour les filières :
ASS, EJE, ES, ETS, ME, TISF





Journées d'étude

Travailleurs sociaux et bénévoles. Déprofessionnalisation des uns, professionnalisation des autres ?

>>>Jeudi 8 & vendredi 9 juin 2017 de 9h à 17h  
Tarif 100 € /gratuit chômeur et étudiant(e). Fiche d'inscription téléchargeable, à renvoyer au plus tard le 24 mai. Renseignement par courriel  ou au 04 73 17 01 06  
En 2005 dans une brève chronique sur les rapports entre travail social et bénévolat, Jacques Ion écrivait : "Il y a deux ou trois décennies, en France tout au moins, la cause était entendue. Le processus de professionnalisation du travail social apparaissait inéluctable ; ce qui semblait impliquer d’un côté une moindre part des activités bénévoles dans le secteur, de l’autre une qualification accrue des salariés. Depuis la crise sociale s’est développée et de nouvelles modalités d’action publique sont apparues : c’est dans ce contexte que le bénévolat opère un imprévisible retour en force tandis que le salariat du secteur social tend à considérablement se diversifier au détriment des métiers les plus qualifiés."
Aujourd’hui encore la question de l’articulation entre ces deux acteurs constitue une problématique centrale en matière de professionnalisation. Ces rencontres permettront d’interroger cet "improbable couple" qui ne cesse de perdurer, en dépit des transformations de l’un et l’autre, et des ruptures successives annoncées.

Programme (Télécharger la version imprimée)
>>>Jeudi 8 juin 2017 
8h30 > Café de bienvenue*, accueil des participants (émargement indispensable dans le hall de l'ITSRA)

9h > Introduction de la journée d'étude
par Pascal Conil, directeur de l’ITSRA, Thierry Morel, responsable des rendez-vous de l’ITSRA , François Saint-André, président d’Habitat et Humanisme Auvergne
Chaque intervention est suivie d’un échange avec les participants

9h30 > Individuation et engagement par
Jacques Ion, sociologue, ancien directeur de recherches au CNRS
Sur une longue période se transforme la définition sociale de l'individu : la figure de l'individu anonyme laisse place à celle de l'individu singulier ; et la réalisation de soi devient impérative dans la lutte pour la reconnaissance. C'est dans ce contexte qu'il importe sans doute de penser aujourd'hui l'engagement, tant bénévole que professionnel.
10h30 > Pause*
11h > Les configurations néo-libérales du monde associatif : les enjeux pour le travail social par Matthieu Hély, professeur de sociologie à l’univ. Versailles-St Quentin en Yvelines, affilié au laboratoire PRINTEMPS (UMR CNRS 8085)

L’économie sociale et solidaire (ESS) concerne directement à la fois le travail social et le bénévolat dans la mesure où elle coïncide avec un changement du cadre historique qui structurait jusqu’à alors ces pratiques. En effet, la dynamique de "professionnalisation" du monde associatif, conjuguée à l’évolution des relations financières avec les collectivités publiques, donne une place nouvelle au tiers secteur dans un contexte où l’État néolibéral a remplacé l’État social. On aurait tort d’interpréter ces transformations en termes de "désengagement" de la puissance publique, mais il convient néanmoins de discerner entre la part d’utopie qu’incarne l’ESS et la réalité des pratiques qu’elle déploie.
12h30 > Pause déjeuner. Lieux de restauration à proximité
14h >
De la déprofessionnalisation à la refondation du travail social
par Jean-Yves Dartiguenave, professeur de sociologie à l’univ. Rennes 2, directeur du Centre interdisciplinaire d'analyse des processus humains et sociaux (CIAPHS)
Nombre de travaux attestent une tendance actuelle à la déprofessionnalisation du travail social. Celle-ci s’opère selon un double mouvement : le premier qui, au plan des idées et des valeurs, coupe les professionnels du secteur, des références communes et fondatrices du travail social (le solidarisme, l’éducation populaire, l’approche clinique, etc.) au profit d’une idéologie néolibérale qui obéit à une vision profondément individualiste et fonctionnaliste de la société. Le second concerne le registre des pratiques professionnelles : la soumission de celles-ci à un pouvoir gestionnaire et managérial omniprésent les prive d’une autonomie à partir de laquelle les professionnels pouvaient revendiquer une compétence spécifique dans le traitement des situations sociales.
La déprofessionnalisation peut se lire ainsi comme une déstructuration du métier, au sens étymologique du "service à rendre", qui ne pourra retrouver "sens" qu’à la condition de renouer avec une utopie mobilisatrice et de réélaborer un savoir en mesure de soutenir la pratique du travail social à partir d’une connaissance approfondie du fonctionnement humain tenant compte de toute sa complexité.
15h30 > Pause*
14h > Ateliers

3 temps d’ateliers sont organisés lors des 2 journées : jeudi 8 juin de 16h à 17h30, vendredi 9 juin de 10h30 à 12h et de 14h à 15h30. L’inscription aux ateliers s’effectuera à l’arrivée des participants. Chaque inscrit pourra participer à 3 ateliers : atelier 1, 2, 3 et 4. Sauf pour l’atelier 5 qui a été pensé pour permettre aux mêmes participants de poursuivre une réflexion sur les 2 jours.
Atelier 1.
Aspects juridiques et responsabilités du bénévole avec Albane Duchamp-Munoz, juriste à la MAIF
Atelier 2.
La gratification symbolique et la reconnaissance du travail bénévole avec Éric Foëx, président d’Emmaüs Bussières-et-Pruns (63)

Les associations de solidarité sont portées par l’engagement bénévole, tant dans leur "gouvernance" que dans l’action au quotidien. Construites sur de fortes valeurs éthiques elles sont très attentives à leurs "bénéficiaires". Bientraitance des personnes, respect de leur dignité, dynamiques d’autonomie… sont  autant d’axes forts. Si l’engagement bénévole n’est jamais considéré comme "allant de soi", il n’en est pas moins vrai qu’il est souvent pensé comme porteur en lui-même de sa gratification : "aider les plus fragiles, c’est recevoir cent fois en retour". Le vieillissement et l’érosion du bénévolat doivent nous amener à réfléchir à cette question, à nous demander si nous ne devons pas rechercher de nouvelles formes de gratifications symboliques dans nos organisations : remerciements, valorisations, co-construction des valeurs et axes d’engagement, action sur les causes…
Atelier 3.
La difficile question du recrutement des bénévoles avec Geneviève Boulet, vice-présidente du collectif Pauvreté-Précarité 
Atelier 4.
La formation des bénévoles avec Jean Malbos, formateur-responsable Europe et International à l’ITSRA

Atelier 5. Le face à face travailleurs sociaux/bénévoles avec Luc Astoul, responsable qualité action sociale au Conseil départemental 63 ; René Robert et Lydia Job, animateurs de territoire au Secours catholique délégation Auvergne Cantal-Puy-de-Dôme
17h30 > Fin de la 1re journée
18h >
Cocktail et forum des associations                        
>>>Vendredi 9 juin 2017
8h30 > Café de bienvenue*, accueil des participants (émargement indispensable dans le hall de l'ITSRA)
9h >
Modalités de collaboration entre bénévoles et salariés
par Stéphane Rullac, anthropologue, directeur de la recherche et directeur scientifique de l’IRTS Paris Ile-de-France, président du conseil scientifique de la revue Le Sociographe
Si le phénomène du bénévolat est bien renseigné dans la littérature scientifique, il n’existe pas à notre connaissance de propos qui viennent évoquer les modèles de collaboration avec les salariés. Pourtant cette problématique est centrale dans le cadre du travail social qui ne peut se passer du recours au bénévolat et au salariat qualifié. Comment chaque institution gère-t-elle la main d’œuvre bénévole en tant que telle, mais aussi les modalités de collaboration avec les professionnels ?
10h30 > Pause*

11h >
Ateliers

12h30 > Pause déjeuner. Lieux de restauration à proximité
14h >
Ateliers
16h > Pause*
16h30 >
Conclusion des journées par Jacques Ion, sociologue, ancien directeur de recherches au CNRS

RAPPEL ! Les journées d'étude font l'objet d'enregistrements.
Modalités d'accès à ces archives au Centre de ressources documentaires ici

Tous les événements (journées d'étude, conférences, actualités juridiques) s'inscrivent dans le cadre de la formation continue,
elles peuvent donc être prises en charge par les OPCA. 
Horaires et tarifs varient selon l'événement. L'inscription est toujours indispensable.

* Les pauses, avec vente de café, thé et petite restauration à prix libre, sont organisées par différents collectifs d'étudiants pour permettre de financer leurs projets respectifs.